Planet of Lana
J’ai un hobby pas facile : je mets des notes négatives à des jeux, parfois pourtant adulés dans la presse et par les joueurs, et du coup je cogites sur ma manière d’appréhender les œuvres vidéos ludiques. Mais alors que les ténèbres me submergeait, voilà que le soleil se lève sur la Planète de Lana !
Développé par les Suédois de Wishfully et publié par Thunderful en 2023 sur PC et Xbox, puis 2024 sur les plateformes de Sony et Nintendo, Planet of Lana nous embarque dans une aventure sur une planète quelque part dans l’univers pas d’ici d’ailleurs !
On découvre Lana et sa grande sœur Elo alors qu’elles quittent leur village natal, une paisible colonie de pêcheurs humanoïdes bâtie sur l’eau, pour s’aventurer dans la forêt avoisinante. Mais leur vie paisible est totalement chamboulée par l’apparition de drones et vaisseaux aliens venus enlever toute formes de vie. Par miracle, Lana en réchappe, et c’est désormais seule qu’elle va tenter de retrouver sa famille, ses amis et ses voisins. Dans son périple elle fera toutefois la connaissance de Mui, une espèce de gros chat gris qui est lui aussi passé au travers des mailles du filet, et sera d’une aide inestimable !
On va pas se mentir, la trame narrative est des plus banales. Mais c’est là le seul réel point négatif du jeu. On reste sur un petit jeu de plateforme et puzzles, et si les mécaniques utilisés ne sont pas originales, elles sont plutôt bien maitrisées. On peut rester bloquer un temps à se creuser les méninges, mais il n’y a pas de pièges ou de déclenchements hasardeux qui font douter parce que le jeu est mal foutu : il suffit d’ouvrir les yeux et de réfléchir. Il y’a bien quelques éléments répétitifs, comme le fait de demander à Mui de grimper sur une plateforme pour nous faire tomber une corde, mais ce n’est pas vraiment gênant. Il y’a aussi des éléments de QTE, que l’on peut désactiver dans le menu pour améliorer l’accessibilité du jeu.
Non, ce qui fait la force de Planet of Lana, c’est ce sentiment d’émerveillement qu’il confère. Concrètement, j’ai eu l’impression de tomber sur un Sommerville façon Ghibli. Mais alors que ce dernier peine à transformer l’essai et gâche sa plastique par un gameplay bancal, Planet of Lana parvient à nous transporter dans son monde dépaysant. Il n’est pas aussi artistique et flamboyant que Neva, mais nous emporte bien mieux dans son histoire. Tandis que ce genre de jeu a la facheuse tendance à se reposer sur l’implicite, le mystère et la narration sans texte, ce qui pour moi est un cache misère agaçant, Planet of Lana est équilibré. L’histoire est suffisamment simple pour être transmise aisément dans sa globalité, et en même temps assez mystérieuse et exotique pour nous faire voyager sur cette planète sauvage qui n’est pas la Terre, bien qu’elle y ressemble.
Qui sont les aliens kidnappeurs et pourquoi sont-ils aussi méchant s? On s’en fout ! Planet of Lana n’est certes pas un chef d’œuvre de l’ampleur d’Inside, mais il est pour moins bien mieux réussi que Neva. On peut lui reprocher l’absence de prise de risques, mais je préfère souligner que le fait de maîtriser le sujet et l’assurance d’offrir 5h de jeu touchant et captivant a bien plus de valeur.
On lui mettra un 8, comme le nombre de jours dans un mois sur la planet de Lana (et dites pas que j’invente pour trouver un truc à dire hein !)
- + Un exécution quasi parfaite
- + Une jolie relation
- + Artistiquement époustouflant
- - Une histoire et un gameplay simple
- - De petites longueurs