Donut County
En 2004 sortait l’étrange jeu Katamari Damacy sur PS2, dans lequel il fallait amasser un max d’objet en leur roulant dessus avec une boule magique et adhésive. Donut County est tout le contraire : tout doit disparaître !
Développé par Ben Esposito et publié par Annapurna sur toutes les plateformes le 28 août 2018, le jeu nous fait découvrir le comté de Donut, qui ressemble vaguement à Los Angeles et où les humains côtoie des animaux anthropomorphes comme si de rien n’était. Et ce n’est pas le plus étrange : Mira a commandé un donut mais est agacée par l’oie qui la livre car elle klaxonne depuis de longues minutes pour l’avertir de son arrivée, et s’en plaint auprès de son ami BK, le raton-laveur pas le héros de Koh-Lanta (RIP <3). Ce dernier va donc tout simplement aider son ami en créant un trou pour faire disparaître le pauvre livreur dedans.
Et c’est là le concept du jeu : déplacer un trou qui grossi au fur et à mesure qu’on englouti des choses. Pourquoi ? Tout simplement parce que ça fait gagner des points à BK sur une mystérieuse application smartphone, points indispensables pour pouvoir s’offrir un quadcopter !
Toujours là !? Ok, continuons ! Après un saut dans le temps, nous retrouvons Mira et son ami BK 999 pieds sous terre, entouré des autres habitants de Donut County. Chaque protagoniste a alors droit à un flashback pour découvrir comment ils ont été happé sous terre, ce qui sera l’occasion pour un nouveau niveau de jeu. Et c’est là que c’est surprenant : le gameplay de base est simple : déplacer un trou à l’écran pour tout avaler, en commençant par les plus petites choses afin de le faire devenir assez large pour engloutir les plus grosses. Mais Ben Esposito est parvenu à le diversifier et proposer des niveaux de plus en plus complexes. Il sera ainsi possible d’arriver à allumer la mèche d’une fusée de feu d’artifice, l’avaler, puis déplacer le trou pour qu’elle en ressorte sous un objet qu’elle pourra alors faire tomber à son tour ! C’est surprenant et intéressant d’un point de vue conceptuel, mais malheureusement pas suffisant : au bout d’une heure on commence à remarquer une certaine redondance, et si les derniers niveaux souffle un nouveau vent de fraîcheur, on se dit que le jeu est presque trop long, alors qu’il ne dépasse pas les 3h…
C’est aussi à l’orée des dernières missions que l’histoire prend finalement un tournant. Jusqu’alors nous assistions au procès informel du raton laveur qui tente farouchement de se justifier, mais on fini par comprendre d’où provient cette application et ce pour quoi elle a créé en réalité. Les dialogues sont vraiment chouettes, et on se laisse très facilement embarquer dans cette histoire déjantée. Tout comme on se prend à lire le “Trashopedia”, des descriptions humouristiques des objets englouti par nos soins après chaque niveau, toujours de façon farfelue.
Donut County n’est pas un jeu que je recommanderais forcément à tout le monde, notamment parce qu’il ne suffira que de 2 à 3h pour en venir à bout. Mais à quelques euros il est une curiosité très intéressante : son univers est cohérent, sa mécanique simple mais surprenante, la musique et le style graphique au poil, le ton vraiment amusant, bref une grande petite réussite . Mais il est vraiment très court sans pour autant être dénué de quelques longueurs. Du coup je vais commander 2 donuts et en faire un 8 pour lui !